Commission Nuisances - 5G - article 7

Voici l’extrait n°3 des informations et documents choisis par notre commission Nuisances composée de Marie Christine Tobar, Dominique Dauvergne, Françoise Giraud et Rosette Pierret pour vous informer sur la 5G :

7 - Françoise Giraud faisant partie de la Commission Nuisances d’Elan-Savigny Environnement a fait le résumé du livre « Faut -il avoir peur de la 5G ? Tout savoir sur le réseau de demain » de Guy PUJOLLE (août 2020 Éditions Larousse essais et documents, 268 pages) Le 2 février 2021.

Le premier chapitre commence ainsi : la 5G est faite pour les industriels, les grandes entreprises, pas pour le grand public ; son objectif est clairement de faire du profit : les retombées économiques vont être immenses avec des conséquences multiples : une pollution électromagnétique gigantesque, une demande énorme d’énergie, d’où la question essentielle de l’approvisionnement. Cette technique pose le problème complexe d’une surveillance généralisée : les entreprises qui traiteront des pouvoirs de la connaissance domineront le monde, ce qui entraine d’ores-et-déjà des postures rivales entre états et entreprises impliquées dans la 5G. (GAFAM = Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft)

Cette innovation, la 5G, c’est-à-dire des flux de données décuplées, innombrables, impliquera de s’équiper en nouveaux matériels (smartphone etc..) avec un surcoût d’environ 100 € d’après l’auteur. Les centres de données forment un « cloud », la 5G se positionnera sur les bords externes de ce cloud.

Les objectifs de cette technique sont d’augmenter la productivité, la mobilité, les débits dans les trains business ou trains « affaires », les voitures, les avions, les déplacements, pour des réactions ultrarapides. Cela n’a pas grand intérêt pour le grand public, répète l’auteur. La 5G vise à l’automatisation des véhicules connectés, le pilotage automatique des avions, des chaînes de productions, des machines-outils, du matériel médical (on pourra opérer à distance avec un diagnostic automatique et anticiper les pannes) donc rapidité, réactivité ; visioconférence dans un TGV business pour citer un autre exemple.

La 5G veut s’emparer des domaines de la rapidité et mobilité, avec un coût très cher pour la connexion des objets mais la 5G garantit un acheminement ultra-rapide des données. Elle sous-entend la virtualisation des équipements : il faudra remplacer le matériel par des logiciels, ce qui entraîne la complexité des spécifications et des formations très pointues, une consommation accrue d’énergie, même si des algorithmes sont incorporés pour économiser celle-ci.
Ma conclusion : ce livre m’a appris ce qu’était la 5G, sa technologie, son fonctionnement, notions que j’ai largement résumées, ses atouts, ses dangers. Elle nécessite une énergie que nous n’avons pas. Où trouver cette énergie ? Dans nos centrales nucléaires vieillissantes ? Grâce à l’EPR de Flamanville déjà plombé par des pannes, retards, arrêts, coût exorbitant ?

J’ai également appris que le grand public devra se doter de nouveaux équipements… Que deviendront les milliards d’anciens smartphones et autres tablettes ? jetés ? donc pollution supplémentaire planétaire annoncée, conflits pour s’approprier les métaux rares qui équiperont nos nouveaux « bijoux », droits de l ‘homme bafoués par les propriétaires et exploitants des mines… Que dire de nos données vendues aux plus offrants et de la surveillance généralisée ? du viol de nos intimités ?

La 5G a des atouts, peut optimiser des secteurs comme la santé, l’anticipation des pannes et donc des conséquences y afférant, mais c’est aussi la « sélection » de clients rentables et de personnes ayant les moyens de s’équiper, cette politique creuse davantage les inégalités, la fracture numérique.

Mon point de vue : la 5G poursuivra le formatage de l‘économie matérialiste aux dépens des citoyens avec les GAFAM et autres opérateurs, réduisant toujours plus l ‘homme à un « produit », objet, cible de la consommation à outrance, même si on lui fera croire que cette technologie le libèrera.

Le citoyen n’est, en effet, nullement consulté pour le développement de cette technologie du futur : la démocratie est bafouée car les valeurs immatérielles que sont l ‘humanité, la liberté, l‘intelligence collective, la culture, la nature, le bien-vivre, le bien commun sont niées. Mais la pandémie n’a pas été anticipée par nos technologies, nos décideurs, les algorithmes. Elle défie, interroge la
« modernité »et la notion de progrès telles qu’elles nous sont imposées. Des leçons sont à tirer. Quel devenir « pour le monde d’après » ? Des villes ont déjà refusé la 5G et pour ma part, après avoir lu l‘ouvrage, je suis résolument contre.