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Conférence du 10 janvier 2026 Argiles vertes

Malgré le froid régnant dans la MJC dont la chaudière était en panne, les auditeurs sont venus assister à la conférence de Frank Guyon, adhérent depuis très longtemps à Elan-Savigny Environnement et Président de l’association pour le vieux Morsang (cette association a pour mission l’étude de tous les sujets liés à l’urbanisme l’environnement et le cadre de vie à Morsang-sur-Orge).

Il a projeté plusieurs photos montrant un cas d’école relatif aux dégâts impressionnants causés par le retrait/gonflement des argiles sur un pavillon.

Voici l’exemple :

Un lotissement de 50 pavillons sur la ville de Marine dans le Val d’Oise construit en 2000. Le promoteur a été peu soucieux de la présence des marnes vertes.

Les pavillons n’avaient pas de sous-sol, posés sur une semelle à 70 centimètres de profondeur

Quelques années plus tard 49 pavillons sur les 50 étaient sinistrés . Lorsque la maison non sinistrée a été vendue, le nouveau propriétaire a constaté une consommation d’eau importante. Une fuite entre la maison et le compteur a été réparée.

Parti pendant trois semaines en vacances, il constata que le pavillon était fissuré en escalier au niveau des parpaings et que le dallage extérieur était fissuré. Il fut constaté que c’était dû aux marnes vertes comme pour les autres pavillons et qu’avec la sécheresse de l’été pendant son absence, celles-ci s’étaient rétractées entraînant des fissures impressionnantes.

Des études ont été faites pour réparer ce pavillon à l’aide de pieux en fer reliant les fondations au sol dur sous les marnes vertes. Les pavillons valaient environ 150 000€ et les travaux étaient estimés à 80 000€ environ, une longue bataille juridique s’est alors engagée avant que les assurances prennent en charge le sinistre suite à une déclaration de catastrophe naturelle.

Cet exemple montre bien l’intérêt de faire réaliser une étude de sol préalable à la construction surtout si on est dans zone où l’aléa de présence d’argiles vertes est notoire, quand bien même son prix est élevé. Cette étude consiste en un « carottage » du sol suffisamment profond pour connaître sa structure

Le BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minières) a réalisé une cartographie géologique de la France accessible à tous mais également l’inventaire de toutes les études réalisées dans ce domaine dont l’accès est réservé aux professionnels : bureau d’études, service de l’État ou des Collectivités locales.

Sur Savigny sur Orge, la densité des marnes vertes est assez forte, comme le sol est hétérogène et discontinu, il faut faire des sondages géotechniques sur le terrain concerné car, à 50 m le terrain peut-être différent.

Les sondages peuvent être faits :

– par carottage c’est à dire analyse de la carotte prélevée en laboratoire

– par pénétromètre c’est à dire en évaluant la résistance du sol par la mesure de sa pénétrabilité sous une charge donnée. Cette technique est largement utilisée dans les études de sol afin d’optimiser la conception des fondations et de prévenir les risques liés aux terrains instables.

– ou physique par des ondes envoyées dans le sol pour détecter la couche dure

Les solutions 

Ce sont soit des pieux en métal ou des puits en béton situés sous les fondations.

Autres dangers

Il est conseillé aussi de contrôler le niveau de la nappe phréatique sur une année pour éviter l’inondation des parties enterrées habitées de la construction pour lesquelles il peut être nécessaire d’étanchéifier.

Il y a aussi les sols constitués de résidus sidérurgiques composés de cellules élémentaires qui peuvent gonfler avec l’eau et nécessitent l’enfoncement de pieux.

Il est regrettable que les études préventives de sol, certes coûteuses, ne soient pas systématiques face au risque de dégâts importants.

En marge de son exposé sur les marnes vertes, M. Guyon a également évoqué le problème de l’entretien des ponts et tunnels : s’ils dépendent de l’État, c’est lui qui prend en charge mais s’ils sont propriété des mairies, celles-ci n’ont souvent pas la capacité financière de faire les travaux d’où destruction où fermeture.

Les questions des auditeurs ont montré leur intérêt pour les informations données ci-dessous par M. Guyon :

La victime doit prouver l’étendue des dégâts auprès de son assurance pour faire valoir la garantie décennale. Une longue procédure s’engage entre les différentes assurances des entreprises ayant participé à la construction. C’est pourquoi lors d’une construction il est nécessaire de demander le certificat d’assurance du ou des constructeurs.

Lorsque la garantie décennale est passée aucun recours n’est possible.

Les mairies via les services techniques ne sont pas tenues de fournir les informations concernant le sol au futur acheteur, c’est du domaine privé.

Suite à des détournements de source, les marnes vertes peuvent s’assécher et créer des dégâts aux alentours.

La profondeur des marnes vertes n’est pas connue, elles peuvent être en surface comme en profondeur. Les inondations viennent se rajouter aux risques.

Madame Balini Mazouz, agent immobilier sur Viry-Châtillon qui nous avait suggéré ce sujet de conférence nous avait déjà fait part que des petits travaux, type terrasse pouvaient perturber le sol du voisinage par la modification de la circulation de l’eau. Lors des transactions immobilières les dossiers obligatoires et mentionnent notamment les risques dus aux secteurs de retrait des argiles (marnes vertes). Beaucoup de gens ignoraient ce problème susceptible d’influer de façon importante le prix des transactions, car il s’agit de dossiers, « pavés » fastidieux à lire et très techniques.

Remerciement à tous et plus particulièrement à Monsieur Guyon et Madame Balini Mazouz.

https://www.cerema.fr/fr/actualites/phenomene-retrait-gonflement-sols-argileux-rga-definitions


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Posted in Environnement

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